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Soins préopératoires, guide pratique pour les infirmiers

Mutamba Bil: Infirmier BAC+5 en Soins Généraux de l'Institut Supérieur des Techniques Médicales de Goma/RDC.

Publié Il y a 1 mois | Mise à jour Il y a 20 jours et 1 h

Illustration
La phase préparatoire est l’une des étapes clés pour réussir une intervention chirurgicale. Souvent négligée, elle constitue pourtant la base même de la guérison du patient. Elle se déroule en deux périodes : la veille de l’intervention et le matin de celle-ci.

Qu’est-ce qu’on doit faire la veille de l’intervention ?
Premièrement, il faut mettre le patient en condition normale. Cela comprend les points suivants : le patient ne doit pas manger le soir précédant l’intervention. S’il prend un repas durant la journée, celui-ci doit être léger et facile à digérer, par exemple une soupe claire accompagnée d’un petit morceau de pain. Du potage  au poisson.  Du yaourt naturel et des frites. 

Après minuit, le malade ne doit rien prendre comme repas. Pourquoi ? Pour éviter deux complications majeures :
  1. Le vomissement, qui peut entraîner la mort par asphyxie ;
  2. Le contenu gastrique peut gêner le chirurgien lors de l’intervention.
Cependant, il peut arriver que le patient ait pris un repas par mégarde. Dans ce cas, il faut soit procéder au lavage gastrique, soit reporter l’intervention. 

Deuxièmement, il faut réaliser la vacuité intestinale à l’aide d’un irrigateur, autrement dit procéder au lavement. Pour plus de détails, voir les matériels de soins médicaux couramment utilisés.  De fois, le lavement est recommandé même si on ne va plus toucher les intestins pendant laparotomie.

Le repos du futur opéré
Nous devons à tout prix accompagner le patient la nuit qui précède l’intervention, car celle-ci est souvent longue et marquée par l’angoisse, l’anxiété et la peur. C’est pourquoi l’accueil du patient à l’hôpital est très important. C’est pourquoi  on donne un sédatif pour reposer le malade. 

La mise en condition psychologique
C’est une étape à ne pas rater. Il faut profiter d’informer au futur opéré le lieu de son intervention, si possible lui faire montrer le bloc opératoire et tous les locaux indispensables. Par exemple : lui montrer la salle de réveil. Instaure un dialogue entre soignant-soigné. 

Il faut informer le patient des paramètres qui seront surveillés pendant l’intervention afin qu’il ne se sente pas frustré. Permettez-lui également de rester en contact avec ses parents et proches s’il le souhaite, car cela peut être sa dernière occasion de parler avec sa famille : on ne sait jamais, tout peut arriver. 

La mise en condition physique
Il s’agit de l’hygiène corporelle du patient. Si le patient a été programmé pour l’intervention et que tous les 6 éléments de l’état général  de celui-ci ne sont pas altérés, vous pouvez lui demander de se laver seul sans problème. Dans le cas contraire, aidez-le systématiquement.

Le nettoyage de la peau doit être particulièrement soigné sur le site de l’intervention, par exemple au niveau du pubis. Le rasage doit être réalisé à la tondeuse et non avec une lame de rasoir ou un bistouri manuel, afin d’éviter toute blessure. Il faut également insister sur le lavage des plis cutanés , de points de flexion et de l’ombilic.

Qu’est-ce qu’on doit faire le matin de l’intervention ?
Le matin de l’intervention, si vous êtes stagiaire médical, soyez à l’heure. Le malade doit se réveiller très tôt, l’infirmier ou la sage-femme veillera à ce que le malade ne mange rien, au besoin : écarter tout ce que le malade peut tenter de manger en cachette. Il peut utiliser le GAMA-Stat pour évaluer certains paramètres s’il le faut.

Quelles sont les techniques générales de soins pré opératoires ?
  • Faire le plan de soins infirmiers ;
  • Faire le bain du malade si celui-ci ne l’a pas encore fait;
  • Prendre les signes vitaux ;
  • Débarrasser les bijoux et limer les ongles du malade, enlever le vernis et les prothèses ;
  • Vérifier le dossier du malade s’il est complet ;
  • Vérifier les examens de laboratoire ;
  • Vérifier l’acte de l’autorisation de l’opération. Par exemple : en cas de l’hystérectomie ;
  • Vérifier si la prémédication a été faite ;
  • Placer la sonde vésicale pour évacuer la vessie ;
  • Placer un abord veineux, remplissage vasculaire s’il le faut, bien calculer le débit de la perfusion (à flot si péritonite) ;
  • Administrer le médicament prescrit si pas encore ait. C’est la prémédication ; 
  • Amener le malade en salle d’opération en l’encourageant ;
  • N’enlever jamais l’alliance du patient s’il ne veut pas.
Qu’est-ce qu’il faut faire maintenant après avoir installé le patient à la table d’opération ?
Il faut, dans tous les cas, préparer la chambre du patient. Pour la réfection du lit, on place deux alèses en coton et deux toiles cirées : au niveau de la tête pour recueillir les vomissements éventuels, et au niveau du siège pour les selles.

Préparation en cas d’urgence
Il faut traiter le malade selon l’état dans lequel il se trouve. Il faut réduire les actes à poser pour gagner plus du temps. Ce que l’infirmier devra faire :
  • Rétablir l’état général du malade ;
  • Rasage rapide du site de l’opération du malade ;
  • Abord veineux de gros calibre : cathéter G18, G16 de préférence ;
  • Injection d’antibiotique pour prévenir les infections postopératoires ;
  • Prélever l’échantillon pour le groupe sanguin, test VIH, temps de coagulation et temps de saignement, sans oublier le test de l’hépatite viral B ;
  • Se renseigner si le malade a pris le repas ou non, si c’est nécessaire vider l’estomac ;
  • Amener le malade en salle d’opération avec tous les dossiers complets;
  • Les soins terminés, ranger les matériels, préparer la chambre du malade, ou même participer à l’intervention pour apprendre davantage. 
D’une manière générale, les soins préopératoires doivent se faire en respectant les principes d’asepsie et d’antisepsie ainsi que les normes standards de l’organisation mondiale de la santé sur les soins pré opératoires et la prévention des infections.