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Les injections, types, avantages, inconvénients et techniques.

Mutamba Bil: Expert en Santé Publique & Projets Humanitaires, Master MLM.

Publié Il y a 3 mois | Mise à jour Il y a 1 mois

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L'injection se définit comme l'administration parentérale d'une substance médicamenteuse au sein d'un tissu ou d'un compartiment biologique, à l'aide d'un dispositif stérile composé d'une seringue et d'une aiguille.

La maîtrise de ces différentes voies est fondamentale pour garantir une biodisponibilité optimale du principe actif et la sécurité du patient.

Dans certains contextes cliniques, l'infirmier doit également posséder une connaissance parfaite des repères de surface, notamment pour l'évaluation de la tolérance digestive ou la palpation, en se référant systématiquement aux 9 régions de l'abdomen

Il existe différents types de seringues adaptées selon le mode d’injection. Une injection peut également s'effectuer au moyen d'un cathéter. Dans ce dernier cas, on parle toujours de l'injection intraveineuse.

En sciences infirmières, les injections font partie des techniques les plus pratiquées au quotidien, car ce sont les infirmiers qui administrent les soins. 

« On commence avec un stylo et on finit avec un bistouri, c’est la médecine. On commence avec un stylo et on finit avec une seringue, c’est le soin infirmier. »

Avantages et inconvénients des injections
Les injections présentent plusieurs avantages. Elles permettent une administration rapide du médicament, un dosage précis et une absorption directe dans la circulation sanguine sans subir de modification au niveau du tube digestif.

Cependant, il y a également des risques liés aux injections. Certains effets sont bénins, comme la douleur, un léger gonflement ou un picotement au point de ponction.

D’autres peuvent être graves : abcès, nécrose tissulaire (souvent observée lors d’une injection de quinine par voie intramusculaire à la place de la voie intraveineuse lente recommandée), atteinte nerveuse pouvant provoquer une paralysie, choc anaphylactique, voire décès en cas de surdosage. Pour approfondir ce sujet, vous pouvez consulter l'article sur l’administration de la quinine intraveineuse.

Types d’injections
Les principaux types d’injection qui existent sont :
  • Intramusculaire (IM), 
  • Intraveineuse (IV), 
  • Intradermique (ID), 
  • Intra osseuse, 
  • Intrapéritonéale,
  • Et sous-cutanée (SC).
Avant toute injection, l’infirmier doit respecter les principes des « cinq justes » : administrer le bon médicament à la bonne personne, à la bonne dose, par la bonne voie et au bon moment. Cela suppose de vérifier le diagnostic du patient, la prescription médicale, la date d’expiration du produit, le site d’administration et la technique appropriée.

Matériels nécessaires
Pour administrer une injection, certains matériels de soins sont indispensables : un plateau propre ou stérile selon le type d’injection, des seringues et aiguilles adaptées, un désinfectant, du coton imbibé d’alcool, du coton sec ou une lime pour ouvrir les ampoules, les médicaments prescrits sous forme d’ampoules ou de flacons, de l’eau pour injection (NaCl 0,9 % ou eau distillée), un champ stérile pour couvrir le matériel, un bassin réniforme pour les déchets et une étiquette d’identification du patient.

Injection intramusculaire (IM)
L’injection intramusculaire consiste à administrer le médicament dans un muscle. Les sites les plus utilisés sont la région fessière, le tiers moyen externe de la cuisse et la région deltoïdienne. 

Cette voie permet une absorption rapide du médicament. En revanche, elle présente certains risques : erreur de produit pouvant entraîner un surdosage, rupture d’aiguille si le patient bouge, ou paralysie en cas d’atteinte du nerf sciatique liée à un mauvais choix du site d’injection.

Pour repérer le bon site dans la région fessière, on trace une ligne horizontale dans l’axe de l’épaule jusqu’à la base de la fesse, puis une ligne verticale reliant la ligne inter fessière à l’épine iliaque (grand trochanter). L’injection se fait dans le quadrant supéro-externe.

Injection intraveineuse (IV)
Cette technique consiste à administrer un médicament directement dans une veine. Les sites d’injection varient selon la visibilité et l’accessibilité des veines. L’effet est quasi immédiat, en quelques secondes ou minutes.

D'autres risques sont importants : réactions allergiques, dyspnée, prurit, état de choc pouvant conduire à un arrêt cardiorespiratoire. La prévention de ces complications repose notamment sur une évaluation rigoureuse du patient, telle que décrite dans les soins préopératoires, étape essentielle pour sécuriser toute administration médicamenteuse.

Par exemple, la lidocaïne et certaines pénicillines ne doivent jamais être administrées par voie intraveineuse. Dans les prochains chapitres, nous parlerons des techniques pour toutes les injections.